Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

William Christie

samedi 2 juillet 2016


Classiquenews.com - Articles

24 juin

Les Timbres au Festival Musique et Mémoire : 15,16 et 17 juillet 2016

Classiquenews.com - Articles Festival Musique et Mémoire. 1er week end : 15, 16, 17 juillet 2016. Les Timbres. 3 jours, 5 programmes avec Les Timbres… Le premier week end de musique en Haute-Saône met à l’honneur l’ensemble Les Timbres, l’un des plus enivrants parmi les jeunes collectifs en France sur instruments anciens. On retrouve entre autres, la si subtile gambiste Myriam Rignol, partenaire habituelle des Arts FLorissants sous la direction de William Christie… C’est dire la maturité musicale de la jeune instrumentiste doéue d’une écoute chambriste et d’un jeu filigrané comme peu, parmi les artistes de sa génération. Entourée par ses complices des Timbres, le claveciniste Julien Wolfs et la violoniste Yoko Kawakubo, – Myriam Rignol incarne le très haut niveau expressif et péotique de l’ensemble Les Timbres qui en juillet 2016 présentent ainsi les fruits de leur dernière année de résidence au Festival Musique et Mémoire. Sur 3 jours, les 15, 16 et 17 juillet prochains, Les Timbres présentent pas moins de 5 programmes, soit un nouveau marathon que classiquenews a choisi de suivre, avec point d’orgue, le dernier concert intiutlé Way to Paradise (le dimanche 17 juillet 2016, 17h30 , église saint-Jean Baptiste de Corravillers). Leur récent enregistrement des Pièces pour clavecin en concerts de Rameau précise les qualités d’un trio aux ressources phénoménales : écoute exceptionnelle pour un chambrisme incandescent, subtilité allusive de chaque jeu, entente donc complicité magicienne, souvent porteuse au concert comme au studio d’un rare jeu concertant. Fabrice Creux, directeur du Festival Musique et Mémoire a eu bien raison d’inviter les 3 complices, leur offrant ainsi une résidence aux apports déjà salués par classiquenews et qui s’achève en juillet 2016, ainsi par leur troisième et dernière année de travail en Haute-Saône. Les 5 concerts présentent toutes le facettes diverses et complémentaires d’un collectif de jeunes musiciens, particulièrement riches en imagination. Le point d’orgue en est – après la recréation de l’opéra Proserpine de Lully en 2015, dans la version historique chambriste écrite du vivant de Lully…, – le programme baroque The Way to Paradise du 17 juillet. Dernière années de résidence de l’ensemble fabuleusement doué, Les Timbres 5 concerts majeurs avec les Timbres CONCERT 1. Création, commande du festival Musique et Mémoire, le programme des Concerts Royaux de François Couperin (1668-1733) ouvre le bal (vendredi 15 juillet 2016, 21h, SERVANCe, église Notre-Dame de l’Assomption). Destinés aux plaisirs de Louis XIV à la fin de son règne et pour sa chambre or et rouge de Versailles, les Concerts royaux publiés ensuite en 1722, soit 7 ans après la mort du Souverain (1715), illustrent le dernier goût d’un roi fatigué, enclin à la méditation, au calme, à la plénitude réconfortante. Couperin dit “Le Grand”, fut un proche du roi comme Marais et les frères Hotteterre. De la méditation profonde, solitaire, grave et presqua austère, donc typiquement française, Couperin opte surtout dans le sens d’une fusion des styles, pour la séduction aimable et insouciante de la manière italienne. Intitulés aussi les Goûts Réunis, les Concerts Royaux militent pour le mariage des caractères français et italiens.SEVRANCE : répétition ouverte au public à 17h. Concert à 21h. CONCERT 2. A l’honneur en 2016, en particulier pour les 400 ans de sa naissance, Johann Jacob Froberger est d’autant plus à l’honneur en Haute-Saône et grâce au Festival Musique et Mémoire qu’il est mort sur le territoire (au château d’Héricourt). Pour célébrer le génie du compositeur en particulier doué pour le clavier, Julien Wolfs propose tout un récital de pièces à la fois intimes et majeures de l’art de Froberger. Comme Couperin, Froberger est aucarrefour des deux esthétiques baroques : l’italie (Toccate, canzon, fantasia, Ricercar, capriccio) et la France (essor des danses (Allemande, Courante, Sarabande, Gigue) et affection pour le style luthé. Rien n’était semblable au jeu indépassable de Froberger au clavier, selon le témoignage de sa protectrice et élève, la princesse Sybille : intériorité fluide, souplesse méditative d’une élocution poétique totalement ineffable… L’enjeu du récital de Julien Wolfs tient au génie méconnu de Froberger pour le clavier : plusieurs pièces du Maître sont ainsi ressuscitées avec la finesse et l’intensité idéales, certaines au titre anecdotique qui découle d’un souvenir et d’une expérience autobiographique dont la musique exprime la violence et la profondeur : Affligée et Tombeau sur la mort de monsieur Blanrocher, Lamentation sur la très douloureuse mort de sa majesté impériale Ferdinand III, Allemande faite en passant le Rhin… Faucogney, Chapelle Saint-Martin, samedi 16 juillet 2016, 15h. Julien Wolfs, clavecin. Récital Froberger. LIRE aussi notre grand dossier FROBERGER, 400 ans 2016 CONCERTS 3 et 4. Puis Les Timbres se dédient à l’expérimentation pure et simple. Celle remontant aux origines du Baroque italien, née du passage entre la polyphonie (Prima Prattica) et monodie avec basse continue (secunda Prattica) : c’est à dire où le langage musical quitte la riche texture contrapuntique des voix mêlées au chant incarnée, celui d’une voix mélodique principale qui exprime le chant d’un personnage ; ainsi le sentiment et les passions humaines pouvaient enfin librement et totalement s’exprimer. un individualisation de la musique qui reste l’apport le plus révolutionnaire de l’esthétique du XVIIè. Comme Caravage en peinture, lorsqu’il invente ce réalisme nouveau où le portrait de ses proches se précise de toiles en toiles, sous la lumière transcendante d’un clair obscur personnel… Le programme présenté par Les timbres, s’intutile La Suave melodia / la mélodie suave, d’après le titre d’une pièce d’Andrea Falconiero. SAMEDI 16 JUILLET 2016, FAUCOGNEY, église saint-Georges, 21h. Réservation conseillée (03 84 49 33 46). Le lendemain, dimanche 17 juillet, à 11h, à l’écomusée du Pays de la Cerise (Le petit Fahys), Les Timbres expérimentent davantage, inventant une nouvelle forme de concert : “Perspectives“, un lieu investi par la musique, à gauche, à droite, au dessus, en dessous…Grâce à la spatialisation du son, de nouvelles scènes musicales en 3 dimensions voient le jour… Mobiles, agiles, surprenants, les instrumentistes des Timbres occupent de façon surprenante l’espace et les salles de l’écomusée du Pays de la Cerise… Le concert est une expérience à vivre et pour le spectateur, auditeur, un parcours aux sensations inédites. DIMANCHE 17 JUILLET 2016, 11h. Ecomusée du Pays de la Cerise à Fougerolles. Doués d’une sensibilité instrumentale exceptionnelle, Les Timbres offrent 5 programmes événements The way to Paradise, une invitation qui ne se refuse pas CONCERT 5. Point d’orgue, temps fort de leur dernière année de résidence au Festival Musique et Mémoire, Les Timbres présentent leur dernier programme : The way to Paradise, véritable invitation à la poésie et au voyage intimiste et chambriste dans le style et selon le tempérament des musiciens anglais. Le concert associe le langage des instruments et le chant d’une voix déjà écoutée – dans la fameuse Proserpine de Lully recréée l’année dernière (celle de la soprano Julia Kirchner). Le baroque (et l’écriture monodique) permet un chant nouveau où le langage nouveaux des instruments égale voire dépasse en expressivité les mots eux-mêmes, ainsi que le précise Thomas Mace (Musick’s Monument de 1676), marquant ainsi un âge d’or de la pratique musicale. Pathétique, sublime, méditatif, pudique, doué / inspiré par un mystère impénétrable, le chant des instruments excelle dans le registre d’une ineffable mélancolie où brille essentiellement le raffinement des couleurs et des timbres ; cette hypersensibilité instrumentale se précise déjà à la fin du XVIè en Angleterre sous le règne d’Elisabeth 1ère (1558-1603) et de Jacques Ier (1603-1625). C’est un défi stimulant pour la fine équipe des Timbres, jeunes tempéraments affûtés jamais en reste d’un dépassement poétique, d’une entente en complicité, d’un nouvel accomplissement collectif : faire chanter les mots et parler les instruments. Programme en création, commande du Festival. Incontournable. DIMANCHE 17 JUILLET 2016, 17h30. Corravillers, église Saint-Jean-Baptiste. Réservation conseillée (03 84 49 33 46). Les Timbres : 5 concerts au Festival Musique et Mémoire, les 15, 16 et 17 juillet 2016. Informations et réservations sur le site du Festival Musique et Mémoire 2016 VIDEO : grand reportage vidéo LES TIMBRES en résidence au Festival Musique et Mémoire (juillet 2015) GRAND REPORTAGE : Festival Musique et Mémoire 2015 / Les Timbres Grand Reportage. Retour sur … En juillet 2015, le Festival Musique et Mémoire (22ème édition) joue la carte des jeunes interprètes, en l’occurrence, les trois instrumentistes orfèvres virtuoses des TIMBRES qui accordent intimisme ciselé et expressivité partagée. Recréation de Proserpine de Lully dans une version historique de 1682, genre théâtral et musical innovant Le Carnaval Baroque des animaux… l’approche et le geste façonnent une offrande artistique captivante qui redéfinit l’exercice même d’un festival de musique dans son territoire. Entretien avec les instrumentistes des Timbres, entretien avec FABRICE CREUX, directeur et fondateur du Festival Musique et mémoire. © STUDIO CLASSIQUENEWS 2016.…

Classiquenews.com - Articles

21 juin

VERSAILLES. L’Ensemble Marguerite Louise au Petit-Trianon

VERSAILLES, le 9 juillet 2016. Ensemble Marguerite Louise. Il est né très récemment et dès ses premiers concerts n’a cessé d’affirmer une approche régénérée, rafraîchissante du premier Baroque français, en particulier chez Charpentier : la ferveur, l’éloquence, l’intensité entre gravité et douceur… toute une palette ténue d’accents et de nuances apprises pour certains interprètes du collectif Marguerite Louise au sein des Arts Florissants (c’est le cas de la soprano Virginie Thomas, ou du flûtiste Sébastien Marc), où ils chantent ou jouent, et n’ont cessé de se perfectionner sous la direction du mentor formateur, William Christie. Ce 9 juillet 2016 marque un nouveau jalon pour l’Ensemble Marguerite Louise : chanter en une même soirée dans différents lieux du domaine du Petit-Trianon à Versailles : devant le bâti (parvis), à la Chapelle, dans les jardins (Pavillon Français, Temple de l’amour, Grotte…), du plein air aux marbres plus solennels conçus pour les Bourbons, le geste vocal et l’expressivité instrumentale seront sûrs, souples, agiles sous la direction du jeune chef (organiste) Gaétan Jarry. Au programme, une sélection d’auteurs français baroques des XVIIè (Marc-Antoine Charpentier, Campra…) et XVIIIè (François Couperin, Rameau … et la rare Sophia Dussek, pour les surprises à la harpe). Leur premier cd (« Motets pour une princesse », œuvres de Marc-Antoine Chapentier, édité par l’encelade) fut une révélation : découverte d’un son, révélation d’une nouvelle maîtrise expressive et collective. Nul doute que l’expérience du plein air, dans les allées et fabriques (Pavillon français) du Petit Trianon à Versailles siéra à ces jeunes talents doués d’éloquence et de tempérament. Marguerite Louise : nouvel ensemble, nouveau son CHANTEURS ET INSTRUMENTISTES DE L’ENSEMBLE MARGUERITE LOUISE… Leur nom porte aussi l’esprit d’aventure, de curiosité, celui d’une jeunesse ouverte et pleine d’entrain sur le monde et vers les autres ; c’est cet appétit, appétence que le jeune ensemble incarne et porte aujourd’hui, concert après concert : Marguerite Louise Couperin (1676-1728) était cousine germaine de François Couperin, et selon Titon du Tillet, l’une des musiciens les plus célèbres de son temps. Elève de Jean-Baptiste Moreau, Maître de Musique du Roi, la jeune femme est admise à Versailles en 1702 (à 26 ans) comme voix de dessus. « Elle chantoit avec une grande légèreté de voix et un goût merveilleux » ; ainsi François Couperin lui destina ses plus belles pages de musique, dans des formations instrumentales, plutôt aériennes qui mettaient particulièrement en valeur sa voix angélique et agile : deux flûtes, pas de basse grave (celle-ci étant confiée au violon). Une sorte de Barbara Strozzi à la française… Le coeur du répertoire de l’Ensemble Marguerite Louise concerne en particulier les petits motets au caractère très intime, propres à la piété du Roi Soleil et de sa cour à la fin du Grand-Siècle. C’est tout l’apport de leur premier cd que d’avoir su affirmer un tempérament indiscutable dans l’expressivité à la fois claire et brillante, intense et ardente, mais aussi tendre et intérieure de la ferveur de Charpentier. La sûreté du geste, la transparence incarnée des intentions, la profonde cohésion de la sonorité et du style (insufflant aux pièces de leur cd Charpentier cette remarquable rondeur lumineuse) font de l’Ensemble Marguerite Louise, l’un des jeunes collectifs parmi les plus captivants de l’heure… LA MUSIQUE AU JARDIN… Parce que le caractère du domaine du Petit Trianon se porte naturellement vers l’intimité et le pastoralisme aimable, l’idée d’y déployer tout un cycle de concerts vocaux et instrumentaux à la Chapelle (et son dispositif surprenant exploitant le faible espace requis), au Pavillon français, au Temple de l’Amour… se justifie pleinement. D’autant que les membres de Marguerite Louise ont déjà une longue habitude des performances en plein air et en pleine nature, ayant chanté au sein des Arts Florissants, voilà plusieurs étés… dans les Jardins de William Christie, à l’occasion du festival éponyme, chaque mois d’août en Vendée (Thiré). Le Petit Trianon est l’emblème de l’art de vivre du XVIIIè français, un lieu réservé aux festivités royales, pour le couple royal et ses proches; en contact direct avec la nature et le motif naturel : le dessin des allées, le pavillon construit par Gabriel pour la favorite Du Barry, réaménagé par Marie-Antoinette dans le style néoclassique et champêtre propre aux années 1780, forment aujourd’hui, un ensemble d’une remarquable cohérence, fruit de deux règnes certes, mais détenteur d’une harmonie arcadienne que le chant et la musique sauront pleinement manifester ce 9 juillet 2016. La soirée de concerts ressuscite l’esprit des fêtes intimistes, alternant concerts et visites des lieux du domaine ainsi investis. Les heureux spectateurs sont invités à plusieurs concerts promenades (ne pas manquer les surprises orchestrées dans la grotte secrète de Marie-Antoinette, ni les derniers feux autour du Lac du Rocher…). Buffet dressé pour les convives. Le programme a lieu après les visites habituelles en journée : c’est donc un domaine privatisé qui attend les visiteurs auditeurs. Ensemble Marguerite Louise Versailles, Domaine du Petit Trianon « Fêtes royales au petit Trianon » Concerts dans les jardins… samedi 9 juillet 2016 à partir de 19h30 déroulé / programme de la soirée : PARCOURS MUSICAL AU PETIT TRIANON • Accueil en musique dans la Cour d’Honneur. • Motets à deux voix de Couperin et de Charpentier dans la Chapelle. • Pièces de clavecin en concert de Rameau au Pavillon Français. • Divertissements de Couperin au Temple de l’Amour. • Moment magique autour du Lac du Rocher. • Visite libre au Petit Trianon. • Buffet dinatoire tout au long de la soirée. Dress code : tenue habillée / chaussures confortables RÉSERVER 2 offres dédiées : billet simple / billet doge VOIR, ECOUTER : le teaser vidéo du cd Motets pour une princesse, ensemble Marguerite Louise / Gaétan Jarry, direction L’Ensemble Marguerite Louise au Petit Trianon selon les lieux investis le 9 juillet 2016 Parvis puis Chapelle Cécile Achille (dessus) Anaïs Bertrand (bas dessus) Stephen Collardelle (haute-contre) Virgile Ancely (basse-taille) Stefan Plewniak, Théotime Langlois de Swarte (violons) Marion Helly, Clémentine Frémont (flûtes) Marie-Suzanne de Loye (viole) Lucile Tessier (basson) Etienne Galletier (théorbe) Pavillon Français Emmanuel Resche (violon) Nicolas Bouils (flûte) Julie Dessaint (viole) Ronan Khalil (clavecin) Gaétan Jarry : (orgue et direction) Temple de l’Amour Virginie Thomas (dessus) Marduk Serrano-Lopez (basse-taille) Tami Troman (violon) Thibault Roussel (théorbe) Clara Izambert (harpe historique)




Carnets sur sol

21 juin

Deux nouveaux inédits de tragédie en musique : les Ariane de Marais (1696) et Mouret (1717)

Lors de l'anniversaire Marais, on nous avait promis Bacchus & Ariane (je ne suis plus sûr de l'ensemble concerné), tandis que le Concert Spirituel ressuscitait Sémélé, Les Paladins Alcide et que qu'ailleurs en Europe, me semble-t-il, on reprenait Alcyone. Pour des raisons dont je n'ai jamais eu vent, le projet a été annulé, et cette Ariane demeure donc le seul opéra de Marin Marais jamais remonté. Un discret concert du jeune Ensemble Zaïs (donné en l'église de Joinville-le-Pont, à l'extrémité Est du bois de Vincennes), largement issu de musiciens du CNSM de Paris, permettait de découvrir deux grands airs présentatoires typiques de la tragédie lyrique intermédiaire (ce que j'ai souvent appelé, dans ces pages, la deuxième école – celle qui joint LULLY à Rameau). Les facétieux lutins de céans avaient enregistré celui qui ouvre Sémiramis de Destouches ; au disque, on peut par exemple écouter l'entrée d'Ilione (« Venez, Gloire, Fierté ») au début d'Idoménée de Campra. Au sein d'un programme remarquablement constitué consacré à Ariane, mêlant extraits déclamés des Héroïdes, premier baroque (lamento de Monteverdi), air de cour compatible (« Rochers, vous êtes sourds » de Lambert/Lully), opéra seria (Arianna in Creta de Haendel), cantate de type seria (Benedetto Marcello), mélodrame germanique (Ariadne auf Naxos de Benda, déclamation sur accompagnement musical)… et deux extraits inédits des deux tragédies en musique ayant traité le sujet ! Ce sont de grands récits introductifs, caractéristiques de ce qui se fait de 1690 à 1720 : de longueur inhabituelle dans ce répertoire où les airs sont brefs, ils s'organisent en de multiples strophes de caractère et de thèmes très différents, ce qui permet de présenter une situation complète et une psychologie précise en mobilisant un seul personnage et très peu de temps. Là aussi, je renvoie au détail que j'avais proposé pour Sémiramis de Roy & Destouches. Dessin de l'atelier de Jean Berain, figurant le désert de l'acte I d'Ariane et Bacchus, de Saint-Jean et Marais. Plume, encre noire, lavis gris, traces de pierre noire. Entre 1696 et 1710. A. Marin MARAIS, Ariane et Bacchus (1696) Sur un livret de Saint-Jean, inspiré de Thomas Corneille et de Donneau de Visée. Une ''comédie héroïque'', en réalité, mais le format musical demeure similaire aux tragédies (comme dans Sémélé, et contrairement aux opéras-ballets) ; l'action s'ouvre, après le Prologue, sur cet air. [[]] La structure en est relativement simple : plainte explicative, Ariane est abandonnée et amoureuse, seule sur son île ; ritournelle avec basse chromatique descendante ; seconde partie, qui fonctionne sur le traditionnel enchaînement appel-imprécation-repentir (comme Théone dans Phaëton ou bien sûr Armide), chaque partie assez caractrisée, mais dans le même flux. C'est un grand récit, dont les carrures changent en permanence pour suivre la prosodique et relancer le discours, là aussi sur le modèle des grandes scènes de Lully. Le langage en est néanmoins plus lyrique et moins déclamatoire, comme souvent avec Marais, et l'harmonie (relativement) plus sophistiquée. Cliquez ici pour ouvrir dans un nouvel onglet l'intégralité de la partition de l'air, avec le son et tout le texte. B. Jean-Joseph MOURET, Ariane (1717) Mouret est mal documenté par le disque, et même Les Amours de Ragonde, œuvre comique publiée luxueusement par Erato, doit être difficile à trouver désormais. Plutôt spécialisé dans les opéras-ballets allégoriques, il a néanmoins écrit deux tragédies en musique, dont Ariane est la première (et l'autre Pirithoüs, en 1723). Le livret en est dû à Roy – un des chouchous de CSS, dont il a été mainte été question (une liste des entrées se trouve justement dans la notule sur Sémiramis ) – et La Grange-Chancel. [[]] Au début de l'acte III, Ariane est seule, dans le temple de Jupiter. Considérant la date, il n'est pas étonnant que la structure en soit un peu plus complexe. A. Prière à trois temps, sous forme d'imploration. B. Expression des émotions, de façon plus dramatique, avec des mesures alternées (mais principalement à deux temps). A. Reprise de la prière. C. Accès de fureur à l'italienne : contrechant instrumental en guirlandes (relativement) virtuoses, basse en forme de batteries sur des notes répétées. (Là aussi, un trait du temps dans l'influence ultramontaine qui s'exerçait alors fortement : on trouve la même chose pour la fureur de Corésus dans Callirhoé .) D. Repentir de l'imprécation. E. Petite phrase de pont avec la scène suivante (non incluse dans le concert) : « Le Roy vient. Ah ! Cruels ! vous m'avez trop ſervie. » Si la couleur est peut-être moins personnelle que celle de Marais (du moins dans les parties lentes, la partie italienne ne ressemblant exactement à aucun contemporain que j'aie pu lire), je suis très séduit par ces élans mélodiques vers l'aigu, qui procurent un beau galbe dramatique à l'ensemble. Lorsqu'on est sensible à ce répertoire, deux portions aussi importantes (dramatiquement : à peu près ce qu'on peut trouver de plus long comme air avant Rameau, des récits d'héroïnes) d'inédits sont un événément rare, et une exultation toute particulière, que nous nous empressons de vous faire partager. Cliquez ici pour ouvrir dans un nouvel onglet l'intégralité de la partition de l'air, avec le son et tout le texte. C. L'Ensemble Zaïs Jeunes, issus des cursus supérieurs de musique ancienne (CNSM, Versailles… ainsi la harpiste Caroline Lieby, souvent aperçue, que ce soit pour Rubino aux Invalides ou Rossi & Carissimi à Galliffet), les musiciens de l'Ensemble Zaïs assument la rareté et la polyvalence du programme avec chaleur. J'ai en particulier remarqué l'élan passionné de Cyril Poulet au violoncelle, poussant toujours les situations vers le drame et la danse – une basse tenue avec intensité vous transfigure une pièce, dans ce répertoire ! La soprane à l'origine du programme (si j'ai bien suivi, c'est aussi un projet validé dans le cadre des études du CNSM), Cécile Lohmuller, manifeste une connaissance du style remarquable : appuis prosodiques, notes de goût, on sent la science qui sous-tend une interprétation par ailleurs très prenante. Comme vous l'entendez, la voix est de plus très jolie (j'aimerais bien sûr, tropisme habituel, encore un peu plus d'antériorité du placement, mais c'est déjà très bien comme ça). Seule interrogation (mais valable pour la plupart des concerts mêlant répertoire italien et français) : quand on dispose d'un théorbiste de qualité (et d'une harpiste, même s'il n'y aurait en l'occurence, aucune justification historique à son inclusion), pourquoi les laisser à l'écart pendant les œuvres françaises, où ils enrichiraient très agréablement le spectre ? Et ce d'autant plus que l'on sent chez Benoît Babel (claveciniste et directeur musical de l'ensemble) le désir de varier les accompagnements selon le style musical et le thème littéraire des extraits joués. Je suppose qu'il s'agit d'un choix musicologique très bien motivé, mais je trouve frustrant de ce priver de cet enrichissement (de même qu'il n'y a pas de raison de se refuser de doubler les cordes par des flûtes ou des hautbois dans le seria). Nous leur transmettons en tout cas toute notre gratitude pour cette exploration plus que bienvenue – les nouveautés en tragédie en musique se concentrant désormais, sous l'effet conjugué des défections de ses chefs historiques (Christie, Minkowski, Niquet…) et des impulsions de Bru Zane, dans le dernier quart du XVIIIe siècle (jusqu'ici le plus mal documenté, donc un travail salutaire). Et les quelques nouveautés du côté du début du XVIIIe (Le Carnaval de Venise par Le Concert Spirituel, Les Fêtes vénitiennes par Les Arts Florissants, Les Éléments par Les Surprises) documentent plutôt l'opéra-ballet. Bref, on a très peu l'occasion d'entendre du nouveau dans la tragédie en musique de cette période, et ce genre d'initiative, même parcellaire, est une petite bénédiction inattendue.

Classiquenews.com - Articles

14 juin

La Messe en si de Bach par William Christie en direct sur catmusica

RADIO, Catmusica. EN DIRECT, le 16 juin 20h30, William Christie dirige la Messe en si de BACH. Présentée pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse à Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur défendu par le créateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement à inscrire parmi ses meilleures réalisations : ample, superlative, profonde, millimétrée. “Immédiatement ce qui frappe, c’est l’énergie juvénile que Bill insuffle à son orchestre d’une formidable ductilité expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalité du geste sait être détaillée, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque séquence. Il en découle une vision architecturale d’une clarté absolue qui éclaire d’une lumineuse façon toute la structure de l’édifice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unité, l’irrésistible cohérence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalité que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants à Cuenca en mars 2016. La Messe en si de Jean-Sébastien Bach par William Christie, Les Arts Florissants Palau de la Musica de Barcelone EN DIRECT à 20h30 sur la radio catalane : www.catmusica.cat TOUTES LES INFOS sur le site du Palau de la Musica de Barcelone La Messe en si de Bach by Bill, entre monumentalité et éloquence individuelle : un scintillement collectif, une juvénilité vocale irrésistible Messe en si de Jean-Sébastien Bach par William Christie. Collection éclectique de pièces écrites à différentes périodes de la vie de Jean-Sébastien bach, la Messe en si nous saisit aujourd’hui par son unité, son exclamation humaine et fervente d’une vérité inépuisable. Bach en achève à la fin des années 1740, les dernières pages alors qu’il est directeur de la musique à Leipzig en particulier pour l’église de Saint-Thomas : c’est dans l’église de Bach que William Christie et ses Arts Florissants jouent la Messe en si ce 19 juin prochain. Une date clé dans l’histoire de l’ensemble et un accomplissement attendu pour William Christie qui laisse son cher Handel pour Jean-Sébastien dont les Arts Florissants n’ont réalisé que quelques partitions dont l’Oratorio de Noël, la Passion selon Saint-Jean, quelques cantates (sujets d’une tournée simultanée au printemps et à l’été 2016). Pour ceux qui ont déjà pu écouter la version de William Christie dans la Messe en si, le raffinement de l’orchestre, le nombre important des solistes du choeur – qui fournit les chanteurs des airs solos et des duos, composent selon le voeu de Bill, une version à la fois monumentale et d’une rare éloquence active ; ce, grâce à la prodigieuse ductilité du choeur des Arts Florissants et l’attention permanente de William Christie pour l’équilibre globale, la palette des dynamiques et le relief des contrastes… Le fondateur des Arts florissants renoue ainsi avec l’expressivité d’une foi sereine mais éclatante qui s’agissant de Leipzig, même dans un contexte luthérien orthodoxe, n’hésite pas à utiliser le terme de Messe pour les occasions exceptionnelles et les célébrations importantes de l’année. Ainsi, même si la Messe en si que nous connaissons actuellement dans une forme jamais élobarée ainsi par Bach, récapitule toute la recherche chorale et instrumentale de Jean-Sébastien, tout au long de sa vie, confronté à la nécessité du décorum, mais plutôt inspiré par la sincérité d’une ferveur surtout individuelle. Outre ses grandes proportions, et sa solennité, la Messe en si de William Chritsie en 2016 stupéfie par sa transparence, sa juvénilité vocale, son sens du rebond et du détail, de la nuance et du scintillement collectif. Programme et tournée événements. La Messe en si de Jean-Sébastien Bach Les Arts Florissants William Christie, direction Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica , le 16 juin 2016, 20h30 RESERVEZ Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h RESERVEZ : Billetterie close / sold out Voir les dates sur le site des Arts Florissants. LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction



Classiquenews.com - Articles

14 juin

Les Timbres, en vedette au Festival Musique et Mémoire

Festival Musique et Mémoire. 1er week end : 15, 16, 17 juillet 2016. Les Timbres. 3 jours, 5 programmes avec Les Timbres… Le premier week end de musique en Haute-Saône met à l’honneur l’ensemble Les Timbres, l’un des plus enivrants parmi les jeunes collectifs en France sur instruments anciens. On retrouve entre autres, la si subtile gambiste Myriam Rignol, partenaire habituelle des Arts FLorissants sous la direction de William Christie… C’est dire la maturité musicale de la jeune instrumentiste doéue d’une écoute chambriste et d’un jeu filigrané comme peu, parmi les artistes de sa génération. Entourée par ses complices des Timbres, le claveciniste Julien Wolfs et la violoniste Yoko Kawakubo, – Myriam Rignol incarne le très haut niveau expressif et péotique de l’ensemble Les Timbres qui en juillet 2016 présentent ainsi les fruits de leur dernière année de résidence au Festival Musique et Mémoire. Sur 3 jours, les 15, 16 et 17 juillet prochains, Les Timbres présentent pas moins de 5 programmes, soit un nouveau marathon que classiquenews a choisi de suivre, avec point d’orgue, le dernier concert intiutlé Way to Paradise (le dimanche 17 juillet 2016, 17h30 , église saint-Jean Baptiste de Corravillers). Leur récent enregistrement des Pièces pour clavecin en concerts de Rameau précise les qualités d’un trio aux ressources phénoménales : écoute exceptionnelle pour un chambrisme incandescent, subtilité allusive de chaque jeu, entente donc complicité magicienne, souvent porteuse au concert comme au studio d’un rare jeu concertant. Fabrice Creux, directeur du Festival Musique et Mémoire a eu bien raison d’inviter les 3 complices, leur offrant ainsi une résidence aux apports déjà salués par classiquenews et qui s’achève en juillet 2016, ainsi par leur troisième et dernière année de travail en Haute-Saône. Les 5 concerts présentent toutes le facettes diverses et complémentaires d’un collectif de jeunes musiciens, particulièrement riches en imagination. Le point d’orgue en est – après la recréation de l’opéra Proserpine de Lully en 2015, dans la version historique chambriste écrite du vivant de Lully…, – le programme baroque The Way to Paradise du 17 juillet. Dernière années de résidence de l’ensemble fabuleusement doué, Les Timbres 5 concerts majeurs avec les Timbres CONCERT 1. Création, commande du festival Musique et Mémoire, le programme des Concerts Royaux de François Couperin (1668-1733) ouvre le bal (vendredi 15 juillet 2016, 21h, SERVANCe, église Notre-Dame de l’Assomption). Destinés aux plaisirs de Louis XIV à la fin de son règne et pour sa chambre or et rouge de Versailles, les Concerts royaux publiés ensuite en 1722, soit 7 ans après la mort du Souverain (1715), illustrent le dernier goût d’un roi fatigué, enclin à la méditation, au calme, à la plénitude réconfortante. Couperin dit “Le Grand”, fut un proche du roi comme Marais et les frères Hotteterre. De la méditation profonde, solitaire, grave et presqua austère, donc typiquement française, Couperin opte surtout dans le sens d’une fusion des styles, pour la séduction aimable et insouciante de la manière italienne. Intitulés aussi les Goûts Réunis, les Concerts Royaux militent pour le mariage des caractères français et italiens.SEVRANCE : répétition ouverte au public à 17h. Concert à 21h. CONCERT 2. A l’honneur en 2016, en particulier pour les 400 ans de sa naissance, Johann Jacob Froberger est d’autant plus à l’honneur en Haute-Saône et grâce au Festival Musique et Mémoire qu’il est mort sur le territoire (au château d’Héricourt). Pour célébrer le génie du compositeur en particulier doué pour le clavier, Julien Wolfs propose tout un récital de pièces à la fois intimes et majeures de l’art de Froberger. Comme Couperin, Froberger est aucarrefour des deux esthétiques baroques : l’italie (Toccate, canzon, fantasia, Ricercar, capriccio) et la France (essor des danses (Allemande, Courante, Sarabande, Gigue) et affection pour le style luthé. Rien n’était semblable au jeu indépassable de Froberger au clavier, selon le témoignage de sa protectrice et élève, la princesse Sybille : intériorité fluide, souplesse méditative d’une élocution poétique totalement ineffable… L’enjeu du récital de Julien Wolfs tient au génie méconnu de Froberger pour le clavier : plusieurs pièces du Maître sont ainsi ressuscitées avec la finesse et l’intensité idéales, certaines au titre anecdotique qui découle d’un souvenir et d’une expérience autobiographique dont la musique exprime la violence et la profondeur : Affligée et Tombeau sur la mort de monsieur Blanrocher, Lamentation sur la très douloureuse mort de sa majesté impériale Ferdinand III, Allemande faite en passant le Rhin… Faucogney, Chapelle Saint-Martin, samedi 16 juillet 2016, 15h. Julien Wolfs, clavecin. Récital Froberger. LIRE aussi notre grand dossier FROBERGER, 400 ans 2016 CONCERTS 3 et 4. Puis Les Timbres se dédient à l’expérimentation pure et simple. Celle remontant aux origines du Baroque italien, née du passage entre la polyphonie (Prima Prattica) et monodie avec basse continue (secunda Prattica) : c’est à dire où le langage musical quitte la riche texture contrapuntique des voix mêlées au chant incarnée, celui d’une voix mélodique principale qui exprime le chant d’un personnage ; ainsi le sentiment et les passions humaines pouvaient enfin librement et totalement s’exprimer. un individualisation de la musique qui reste l’apport le plus révolutionnaire de l’esthétique du XVIIè. Comme Caravage en peinture, lorsqu’il invente ce réalisme nouveau où le portrait de ses proches se précise de toiles en toiles, sous la lumière transcendante d’un clair obscur personnel… Le programme présenté par Les timbres, s’intutile La Suave melodia / la mélodie suave, d’après le titre d’une pièce d’Andrea Falconiero. SAMEDI 16 JUILLET 2016, FAUCOGNEY, église saint-Georges, 21h. Réservation conseillée (03 84 49 33 46). Le lendemain, dimanche 17 juillet, à 11h, à l’écomusée du Pays de la Cerise (Le petit Fahys), Les Timbres expérimentent davantage, inventant une nouvelle forme de concert : “Perspectives“, un lieu investi par la musique, à gauche, à droite, au dessus, en dessous…Grâce à la spatialisation du son, de nouvelles scènes musicales en 3 dimensions voient le jour… Mobiles, agiles, surprenants, les instrumentistes des Timbres occupent de façon surprenante l’espace et les salles de l’écomusée du Pays de la Cerise… Le concert est une expérience à vivre et pour le spectateur, auditeur, un parcours aux sensations inédites. DIMANCHE 17 JUILLET 2016, 11h. Ecomusée du Pays de la Cerise à Fougerolles. Doués d’une sensibilité instrumentale exceptionnelle, Les Timbres offrent 5 programmes événements The way to Paradise, une invitation qui ne se refuse pas CONCERT 5. Point d’orgue, temps fort de leur dernière année de résidence au Festival Musique et Mémoire, Les Timbres présentent leur dernier programme : The way to Paradise, véritable invitation à la poésie et au voyage intimiste et chambriste dans le style et selon le tempérament des musiciens anglais. Le concert associe le langage des instruments et le chant d’une voix déjà écoutée – dans la fameuse Proserpine de Lully recréée l’année dernière (celle de la soprano Julia Kirchner). Le baroque (et l’écriture monodique) permet un chant nouveau où le langage nouveaux des instruments égale voire dépasse en expressivité les mots eux-mêmes, ainsi que le précise Thomas Mace (Musick’s Monument de 1676), marquant ainsi un âge d’or de la pratique musicale. Pathétique, sublime, méditatif, pudique, doué / inspiré par un mystère impénétrable, le chant des instruments excelle dans le registre d’une ineffable mélancolie où brille essentiellement le raffinement des couleurs et des timbres ; cette hypersensibilité instrumentale se précise déjà à la fin du XVIè en Angleterre sous le règne d’Elisabeth 1ère (1558-1603) et de Jacques Ier (1603-1625). C’est un défi stimulant pour la fine équipe des Timbres, jeunes tempéraments affûtés jamais en reste d’un dépassement poétique, d’une entente en complicité, d’un nouvel accomplissement collectif : faire chanter les mots et parler les instruments. Programme en création, commande du Festival. Incontournable. DIMANCHE 17 JUILLET 2016, 17h30. Corravillers, église Saint-Jean-Baptiste. Réservation conseillée (03 84 49 33 46). Les Timbres : 5 concerts au Festival Musique et Mémoire, les 15, 16 et 17 juillet 2016. Informations et réservations sur le site du Festival Musique et Mémoire 2016 VIDEO : grand reportage vidéo LES TIMBRES en résidence au Festival Musique et Mémoire (juillet 2015) GRAND REPORTAGE : Festival Musique et Mémoire 2015 / Les Timbres Grand Reportage. Retour sur … En juillet 2015, le Festival Musique et Mémoire (22ème édition) joue la carte des jeunes interprètes, en l’occurrence, les trois instrumentistes orfèvres virtuoses des TIMBRES qui accordent intimisme ciselé et expressivité partagée. Recréation de Proserpine de Lully dans une version historique de 1682, genre théâtral et musical innovant Le Carnaval Baroque des animaux… l’approche et le geste façonnent une offrande artistique captivante qui redéfinit l’exercice même d’un festival de musique dans son territoire. Entretien avec les instrumentistes des Timbres, entretien avec FABRICE CREUX, directeur et fondateur du Festival Musique et mémoire. © STUDIO CLASSIQUENEWS 2016.…

Classiquenews.com - Articles

14 juin

William Christie : la Messe en si de Bach, à Barcelone et à Leipzig

BARCELONE, LEIPZIG… William Christie dirige la Messe en si de BACH, 16, 19 juin 2016. Présentée pour la première fois au dernier Festival de musique religieuse à Cuenca en Espagne, pour la Semaine Sainte, le 24 mars dernier – avant la Philharmonie de Paris, la Messe en si de JS BACH par William Christie, est le dernier programme majeur défendu par le créateur des Arts Florissants. Un nouvel accomplissement à inscrire parmi ses meilleures réalisations : ample, superlative, profonde, millimétrée. “Immédiatement ce qui frappe, c’est l’énergie juvénile que Bill insuffle à son orchestre d’une formidable ductilité expressive et aux chanteurs formant le choeur des Arts Florissants. La vitalité du geste sait être détaillée, analytique sans omettre la profondeur et la justesse des intonations, ce pour chaque séquence. Il en découle une vision architecturale d’une clarté absolue qui éclaire d’une lumineuse façon toute la structure de l’édifice ; comme s’il s’agissait d’en souligner la profonde unité, l’irrésistible cohérence, alors qu’il s’agit d’un cycle que Bach a conçu sur 25 ans, sans concevoir a priori la fabuleuse totalité que nous saluons aujourd’hui”… extrait de notre compte rendu complet de la Messe en si de JS Bach par William Christie et Les Arts Florissants à Cuenca en mars 2016. La Messe en si de Jean-Sébastien Bach Les Arts Florissants William Christie, direction Barcelone, Palais des Arts / Palau de la Musica , le 16 juin 2016, 20h30 RESERVEZ Leipzig, Eglise Saint-Thomas / Thomaskirche, le 19 juin 2016, 18h RESERVEZ : Billetterie close / sold out Voir les dates sur le site des Arts Florissants. LIRE notre compte rendu, concert. CUENCA (Espagne), 55ème Festival de musique religieuse. Jean-Sébastien Bach : Messe en si mineur BWV 232. Katherine Watson, Tim Mead (contre-ténor), Reinoud van Mechellen (ténor), André Morsch (basse). Les Arts Florissants (Choeur et Orchestre). William Christie, direction

William Christie

William Christie (19 décembre 1944), est un claveciniste et chef d'orchestre d'origine américaine, naturalisé français en 1995. Il est considéré comme pionnier de la redécouverte de la musique baroque en France. Il a fondé en 1979 la formation Les Arts florissants, qu'il dirige toujours, ensemble spécialisé dans ce répertoire (Jean-Baptiste Lully, Jean-Philippe Rameau, ...) qui tire son nom d'une œuvre de Marc-Antoine Charpentier.



[+] Toute l'actualité (William Christie)
24 juin
Classiquenews.com...
21 juin
Classiquenews.com...
21 juin
Carnets sur sol
14 juin
Classiquenews.com...
14 juin
Classiquenews.com...
14 juin
Classiquenews.com...
13 juin
Classiquenews.com...
13 juin
Classiquenews.com...
11 juin
Classiquenews.com...
31 mai
Classiquenews.com...
30 mai
Classiquenews.com...
30 mai
Classiquenews.com...
30 mai
Classiquenews.com...
26 mai
Classiquenews.com...
23 mai
Classiquenews.com...
19 mai
Classiquenews.com...
14 mai
Classiquenews.com...
30 avril
Classiquenews.com...
26 avril
En kiosque (via S...
22 avril
Classiquenews.com...

William Christie




Christie sur le net...



William Christie »

Grands chefs d'orchestre

Arts Florissants

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...